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February 01, 2010

Getty Images
Le doux géant

À 21 ans, il a beau être le plus jeune joueur du Top 100 de l’ATP World Tour, mais Marin Cilic concoure déjà comme un joueur aguerri, tandis que ses adversaires, les amateurs et les médias, n’ont d’autre choix que d’admirer sa rapide ascension. Bien entendu, les amateurs canadiens savent ce dont il est capable, l’ayant vu se frayer un chemin jusqu’aux quarts de finale de la Coupe Rogers de Toronto il y a deux ans.

Sa grande entrée sur scène au cours de la quinzaine de Melbourne, qui comprend notamment une première participation à la demi-finale d’une épreuve du Grand Chelem, était remplie de victoires époustouflantes. Ainsi, dès la première semaine, le 14e mondial a pris la mesure de Fabrice Santoro, de Bernard Tomic et de l’autre Suisse Stanislas Wawrinka, avant d’affronter le champion en titre des Internationaux des États-Unis, Juan Martin del Potro, à qui on prédisait un magnifique parcours. Cependant, le grand Croate a indiqué la sortie à del Potro après un marathon de quatre heures et demie qui s’est terminé par la marque de 5-7, 6-4, 7-5, 5-7 et 6-3.

« Ce n’était pas facile de jouer contre lui », admettait Cilic, qui mesure six pieds, six pouces. « J’ai dû rester concentré durant tout le match. Je crois que mon service m’a aidé à rester dans le match. C’est l’un des aspects de mon jeu qui m’a très bien servi. En restant concentré, je savais que j’aurais au moins une chance de le briser. Physiquement, je me sentais très bien et c’est ce qui a fait la différence aujourd’hui. »

La récompense de cette victoire a été un rendez-vous en quart de finale avec Andy Roddick, finaliste de Wimbledon et ex-numéro un mondial. Le match a été une épreuve psychologique autant que physique pour les deux adversaires. Après avoir empoché les deux premières manches, Cilic a goûté à la détermination de l’Américain qui a renversé la vapeur malgré un problème à l’épaule. Les protagonistes se sont rapidement trouvés à la cinquième manche décisive. Disputer des matchs consécutifs de cinq manches contre des gagnants du Grand Chelem fait grandir un joueur assez rapidement. En signant la victoire, Cilic a mérité le respect de Roddick, qui a rapidement salué les qualités de son jeune adversaire.

« Il a beaucoup de belles qualités », mentionnait Roddick.

Cilic devenait ainsi le premier Croate à accéder au carré d’as des Internationaux d’Australie et bien qu’il n’ait pas pu se départir de l’Écossais Andy Murray, on ne peut plus lui attribuer le sobriquet d’étoile montante, car il est bel et bien une menace aussitôt qu’il met un pied sur le terrain.

Son entraîneur, le légendaire Bob Brett, était à ses côtés durant tout le tournoi. L’entraîneur australien, qui collabore également avec Tennis Canada pour développer les jeunes talents, sait reconnaître le potentiel des joueurs. En effet, il a guidé Boris Becker au cours de son règne sur le sommet du classement ainsi que Goran Ivanesevic, une idole de Cilic qui a été le détenteur de laissez-passer à devenir champion de Wimbledon. C’est d’ailleurs Ivanesevic qui a recommandé à Cilic de déménager à San Remo pour s’entraîner avec Brett.

« C’est gratifiant d’être témoin du succès de Marin à Melbourne », confiait Brett après la victoire de Cilic en quart de finale. « Il a travaillé très fort, possède beaucoup d’armes et sa personnalité calme l’aide beaucoup sous la pression. »

Si le premier mois de 2010, qui comprend une couronne au tournoi de Chennai, est présage de l’avenir de Cilic, les amateurs du monde entier n’ont pas fini d’entendre parler du doux géant.